Entre histoire et modernité: Le «Casino» de Sinaïa
"Est-ce tu aimes vivre dans le passé ?"
"Non, mais j’aime y retourner très souvent."
Situé dans le nord du parc « Dimitrie Ghica », le « Casino » de Sinaïa représente même aujourd’hui l’un des édifices à titre de symbole de la ville. Le majestueux bâtiment a été construit en temps récord, pendant une seule année (1912-1913), sur l’endroit où se trouvait jadis la villa du prince Dimitrie Ghica, d’ailleurs la première villa construite à Sinaïa.
Le Casino de Sinaïa a eu comme principal actionnaire le baron de Marçay, également actionnaire au casino de Monte Carlo, c’est pour cette raison qu’on a longtemps dit que l’édifice roumain serait la copie fidèle de celui de France. En réalité, il n’y a que quelques éléments d’architecture intérieure qui pourraient attester la ressemblance entre les deux casinos.
En 1913, l’inauguration du Casino a marqué un événement important, c’est pourquoi les autorités du temps ont appelé le célèbre Alexandru Davilla pour présenter, sur la scène, un spectacle raffiné, auquel ont assisté la famille royale et le premier-ministre du pays, Titu Maiorescu. Après le spectacle, les invités ont vu George Enescu jouer au piano de manière sensible, puis ils ont assisté à un superbe jeu d’artifices.
Par l’élégance caractéristique et par les jeux qui attiraient beaucoup de gens, le « Casino » deviendra, peu de temps après son inauguration, une tentation irresistible et une importante source d’argent pour ses actionnaires, l’Éforie des Hôpitaux Civils et la Mairie locale.
À la fin de chaque semaine, l’aristocratie de tous les coins du pays venait à Sinaïa exprès pour jouer à la roulette, aux cartes, au rami, aux échecs, au trictrac et à la marelle. À seizes heures précises, le train Bucarest-Sinaïa apportait dans la gare de la ville pas mal de gens. Comme un vrai « aimant social », le Casino logeait au moins 800 personnes par jour le samedi et le dimanche. Le monde qui y venait, aimait jouer de la roulette aux 13 tables de jeu situées dans la Salle des Miroirs et du chemin-de-fer dans la Salle Baccara. Dans le bar-restaurant, on pouvait boire, manger et danser sur des rythmes de jazz. Une petite pièce, « la salle privée », tentait les joueurs courageux : il y avait seulement deux tables de jeu où la moindre mise était cinq fois plus grande que dans les autres salles.
On dit qu’avant d’entrer dans le Casino, les joueurs superstitieux, qui espéraient gagner beaucoup d’argent, jettaient des monnaies dans le puits artésien du voisinage ; mais, une fois entrés dans le bâtiment, il se laissaient rapidement séduire par le jeu et perdaient de grandes sommes d’argent ; puis, ils devaient s’emprunter, signaient des traites exubérantes et, comme si tout aurait été réduit au profit, les dames pariaient sur leurs bijoux et les hommes sur leurs montres à chaîne d’or.
Après la deuxième guerre mondiale, Le Comité Ministériel de Redressement Économique et Stabilisation Monétaire a décidé que le Casino aurait passer de la propriété de l’Éforie des Hôpitaux Civils dans la propriété de l’État. Dès ce moment-là, le bâtiment n’a plus fonctionné comme « casino », mais comme une sorte d’hôpital, comme un espace que la Croix Rouge utilisait pour des buts humanitaires.
Au cours des anées suivantes, après un long procès de restauration, mais gardant encore l’élégance qui l’avait consacré, le « Casino » est devenu la Maison de Culture des Sindicats de la ville. Maintenant, ayant un tout autre profil, le monument va loger la bibliothèque de la ville, des milieux artistiques divers et pas mal de manifestations culturelles : des spectacles de théâtre, du folklore, des concerts et plus encore.
En 1978, le « Casino » a été destiné aux événements de protocole ; en février 1990, il est entré sous l’administration du Ministère de la Culture et, quelques jours après, sous celle du Ministère de Tourisme. Dans les années suivantes, précisément en 1995, le « Casino » a passé sous l’administration du Protocole d’État.
À nos jours, avec une histoire au moins intéressante, une architecture qui reste unique par son élégance et des rénovations récentes, le « Casino » se trouve sous le contrôle du Conseil Local de la ville de Sinaïa et abrite le Centre International de Conférences. Outre les deux parkings, des dépôts, une térasse avec une perspective magnifique sur la ville, sur les Montagnes Bucegi et un très beau jardin intérieur, le profile moderne offre 12 salles où on peut organiser à la fois des événements corporatifs et des événements à caractère privé :
- a) des événements corporatifs: conférences ; réunions ; colloques ; séminaires ; conférences de presse ; expositions ; inaugurations d’expositions d’art ; des tables rondes à caractère professionnel, culturel et scientifique ; lancements de produits, show-rooms ; salons de : livres, textiles, publicité (production publicitaire, spots TV), catering, organisation d’événements ; défilés de mode ; concours de danse ; spectacles ; cocktails ; réceptions ; anniversaires d’entreprises ; décernements de prix ; des fêtes à thème : Le Saint Valentin, 1/8 Mars, Halloween, fête de Noël, Réveillon, Moulin Rouge, la fête des 1001 Nuits, la Prohibition de New York, Carnaval, les années ’60-’80, Flower Power, la fête des hommes, la fête Kitsch ;
- b) des événements privés: anniversaires ; mariages ; baptêmes ; la fête des célibataires ; restaurant à une seule table.